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Un savoir faire en voie de disparition

Cartier est le seul grand joaillier à disposer d’un atelier de Glyptique

Dans l’Antiquité déjà les gemmes gravées ornaient les objets utilitaires et décoratifs. Cet art de graver les pierres fines en relief (camées) ou en creux (intailles) appelé « glyptique » est l’un des savoir-faire ancestraux pratiqués, préservés et transmis par Cartier. La passion de la Maison pour la gravure des pierres remonte au début du XXe siècle lorsqu’on proposait des figurines d’animaux sculptés dans le quartz rose, la fluorine ou l’agate. Dans les années 1910 Cartier découvre en Inde les ateliers de gravure de pierres précieuses, réputés depuis l’époque moghole et collabore avec les meilleurs artisans lapidaires pour ses créations joaillères.

Cent ans plus tard la Maison intègre l’Atelier de Glyptique du Maître d’art Philippe Nicolas au sein de ses Ateliers de Haute Joaillerie. Ce spécialiste en gravure formé à l’École Boulle avait perfectionné son expertise dans l’atelier de gravure sur pierres fines et dures de Beaux-Arts de Paris pour se voir honoré en 2008 par du titre de Maître d’art par le Ministère français de la Culture – un titre qui est lié à la transmission du savoir-faire auprès de futures générations de glypticiens. Avant de partir à la retraite il confiait la responsabilité à son ancienne élève Emilie Marques.

Les pièces, uniques, créées au sein de l’Atelier se singularisent par la diversité des matériaux utilisés, comme un ensemble de pierres dures mais aussi des matières inédites, comme les fossiles, le bois pétrifié ou la pomme de pin silicifiée. Pour la réalisation de chaque création il faut en moyenne deux ans pour qu’une pièce voie le jour, et près de 400 heures dédiées uniquement à la glyptique, auxquelles s’ajoute le travail de joaillerie.

Chaque pièce de glyptique requiert en effet, en plus du travail du glypticien, l’intervention du joaillier pour les composants métalliques, du sertisseur pour assembler les pierres précieuses sur la pièce, taillé par le lapidaire et du polisseur pour la finition de la partie métallique.

Au fil du temps, un grand nombre d’ateliers et de formations de gravure et de sculpture ont disparu, emportant avec eux des savoirs d’une inestimable richesse. Cartier s’est engagé à les préserver et à les transmettre parce que la Maison les considère comme parties intégrantes de la culture et de l’héritage patrimonial et est devenu le mécène principal de l’Association des Ateliers des Maîtres d’art et de leurs élèves.

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